Archive for novembre, 2009

LE LAPIN ET LA DODU

Lundi, novembre 23rd, 2009

Dodu répond à 34210 (Le 20 novembre 2009 à 0:53)

Et bien pour me racketter tu peux toujours courir et vite mon lapin , vue que tu n’as pas de droits déposés pour « prout », ce vocable entrant dans la composition de l’expression « prout, ma chère », tombée depuis longtemps dans le domaine public

Numerosix répond à 34213 (Le 20 novembre 2009 à 0:59)

Comment tu le cuisinerais , Hulk le lapin , Mère Dodu

Dodu répond à 34216 (Le 20 novembre 2009 à 1:03)

Je te le mitonnerai aux petits oignons…en gibelotte par exemple, ou en civet si j’ai du sang frais.

Le lapin d’herbe que j’ai acheté samedi au Marché des Arceaux, je ne lui ai pas demandé  son nom, je l’ai cuisiné avec des girolles

LE LAPIN D’HERBE DE LA MERE DODU

1 beau lapin – du lard fumé – un oignon – deux échalotes – bouillon de volaille – vin blanc – thym – laurier – serpolet (facultatif) – beurre – huile –crème fraîche – farine- sel- poivre – Girolles fraîches ou surgelées.

  • Nettoyez les girolles si elles sont fraîches, les faire revenir à la sauteuse jusqu’à ce qu’elles perdent leur eau . Réservez.

  • Epluchez et émincez l’oignon et les échalotes.

  • Coupez le lard en petits cubes.

  • Coupez ou faites coupez le lapin en morceaux, réservez le foie.

  • Dans une cocotte en fonte, faites fondre un morceau de beurre avec un peu d’huile.

  • Farinez les morceaux de lapin et mettez les à blondir dans la cocotte

  • Réservez-les sur un plat recouvert d’un morceau de papier aluminium.

  • Faire revenir les lardons, puis ajoutez les oignons et échalotes.

  • Remettez les morceaux de lapin dans la cocotte, ajoutez le bouillon de volaille tiédi.

  • Amenez à petit bouillon la cuisson, puis baissez le feu.

  • Ajoutez les herbes aromatiques , les girolles (en déglaçant la poêle avec un peu de bouillon), puis un verre de bon vin blanc environ ½ h avant la fin de la cuisson .

  • Surveillez bien votre cuisson à bouillon frémissant, tout en laissant le couvercle entrouvert pour faire réduire le jus

  • En fin de cuisson , déposez les morceaux de lapin avec la garniture sur un plat de service.

  • Goûtez la sauce et rectifiez l’assaisonnement (sel, poivre) après avoir ajoutez une pointe de crème fraîche. Mettez en saucière.

  • Servez avec des tagliatelles fraîches

Gibelotte : ragoût de lapin au vin blanc.

Civet (de cive) : Plat de gibier mijoté dans une sauce contenant du sang de l’animal et du vin rouge.

Un lapin d’herbe est un lapin élevé « à l’ancienne », essentiellement avec une nourriture fraîche, contrairement au lapin « industriel » qui est nourri exclusivement au granulé. Sa morphologie est bien reconnaissable, c’est une bête longiligne, avec une chair rouge et nacrée, sans excès de gras (regardez dans la cavité abdominale). Une fois cuit, sa chair reste ferme et très goûteuse.

Le vin que j’ai utilisé était un vin du pays d’oc « Mas Dieu » à la fois puissant et long. C’est celui qui accompagnait le repas.

Je ne sale, ni ne poivre la préparation en début de cuisson, le bouillon de volaille étant déjà assaisonné; je me contente de rectifier la sauce juste avant de servir.

« DANS LE COCHON, TOUT EST BON »

Mardi, novembre 17th, 2009

« Le menu du déjeuner de noce ne menti pas à ce moment hivernal du printemps. Il comportait de fondants jambonneaux de cochon cuits en pot au feu, habillés de leur lard rosé et de leur couenne , mouillé de leur bouillon qui fleurait un peu le céleri un peu la noix de muscade, un peu le raifort et tous les sains légumes, serviteurs aromatiques de la maîtresse viande. »

(Colette - »l’étoile Vesper » -1946)

D’avoir discuté de chats et de Bourgogne sur l’Ici-Blog m’a fait penser à la Grande Colette, écrivaine amoureuse des animaux et qui a su si bien décrire leur comportement dans les « Sept dialogues de bêtes » ou dans « La chatte ».

Mais elle était aussi une vraie gourmet et une fine cuisinière. Ses recettes ont été recueillies dans un recueil « Colette gourmande » et qui m’a été léguée par une de mes petits tantes, elle-même  grande lectrice et excellente maîtresse de maison.

Ces fondants jambonneaux de cochon formèrent le plat de résistance du repas de mariage de Colette avec de Maurice Goudeket le 3 avril 1935.

JAMBONNEAUX DE COCHON

« Rincez sous l’eau courante pendant quelques minutes 3 beaux jarrets de porc demi-sel. Pochez-les dans un faitout rempli d’un bouillon aromatisé d’une demi-noix de muscade râpée, de 10 grains de poivre et d’un gros bouquet garni. Ajoutez trois carottes entières, 3 oignoons boutonnés de clous de girofle, 3 poireaux noués en bouquet, une rave de céleri coupée en deux, une petite racine de raifort et 3 petits panais. Laissez frémir pendant 3 heures

On peut servir ces jambonneaux tièdes ou bien froids. Dans ce dernier cas, enveloppez-les dans une étamine, ficelez-les pour resserrer les chairs et laissez-les refroidir dans leur cuisson qui se géliefira naturellement. »

Pour ma part je dessale beaucoup plus les pièces demi-sel.

Allez aussi doucement sur les épices, en particulier le clou de girofle qui peut donner un goût très fort au bouillon.

Il est aussi possible de parfumer le bouillon avec du « 4 épices » qui contient : du clou de girofle, de la cannelle, de la noix de muscade, du poivre et du gingembre

Si vous n’avez pas de panais, vous pouvez remplacer par du navet long. le petit navet rond n’a pas assez de parfum et pourrait être « tué » par la saveur du céleri-rave.

J’accompagne les jambonneaux froids avec une salade de lentilles ou de pommes de terre tièdes sur laquelle je verse une sauce dans laquelle je remplace le vinaigre par du vin blanc.

On peut accompagner la viande d’une sauce gribiche ou d’une sauce ravigote faites à partir du bouillon de porc. (cf « la meilleure et la pire »)

Gardez le bouillon, il vous resservira comme base de soupe ou comme base de sauces

Bibliographie :

« Colette gourmande » – M.C et D. Clément/ A. Martin – Albin Michel

« Pied d’cochon , la faridondaine; pied d’cochon la faridondon »

Lundi, novembre 16th, 2009

« Midas se retira alors dans la forêt qui couvrait les pentes du mont Tmolos. Un jour, il fut témoin d’une curieuse rivalité qui opposait Pan, dieu des bergers, à Apollon. Pour le punir, Apollon transforma les oreilles de Midas en oreilles d’âne ! Midas pour cacher sa disgrâce portait jour et nuit, un bonnet conique maintenu par deux bandeaux noués sous le menton qui dissimulait ses oreilles. Pourtant, un homme, l’esclave chargé de coiffer et de raser le roi, les avait vues. II n’osait pas répandre la nouvelle et son mutisme lui pesait. Un jour, n’y tenant plus, il creusa un trou sur le bord d’une rivière et lui confia son secret. Peu après, des roseaux poussèrent à cet endroit ; agités par la brise, ils répétaient à tous les échos la phrase : « Le roi Midas a des oreilles d’âne. »

(http://www.cliolamuse.com/spip.php?article273)

Le roi Midas avait des oreilles d’âne , Notre Grand Konducator, lui, a un pied de cochon. Chacun a sa particularité et je ne sais pas si le pied de cochon de Cyp donnera lieu à une légende qui traversera les siècles, mais moi il me donne l’envie de partager avec vous une très fameuse recette de pied de porc . J’ai retrouvé l’intitulé dans un  vieux livre de cuisine, qui n’a plus ni couverture , ni titre, mais avait appartenu à la grand-mère de mon époux et lui avait été offert pour l’obtention de son brevet élémentaire alors qu’elle avait 16 ans. Sachant que la bonne dame a quitté cette vallée de larmes en 1970 à l’âge de 91 ans , je vous laisse calculer l’âge du capitaine et la date probable de parution de ce bouquin.

LES PIEDS DE PORCS A LA SAINT MENEHOULT

1 pied de porc frais par convive – carottes -oignons -ciboule -  blanc de poireaux – persil – céleri-branche -clous de girofle – laurier – thym – ail – vin blanc – poivre noir en grain – gros sel -lard gras – beurre – chapelure

-Enveloppez chaque pied de cochon dans une gaze pour qu’il ne se défasse pas pendant la cuisson .

-Dans une cocotte de gaze en fonte à fond épais et ne comportant aucun élément plastifié ou en bakélite (poignée par exemple); déposez quelques tranches très minces de lard gras , recouvrez avec les légumes coupés en rouelles et faites chauffer doucement jusqu’à ce que le lard gras commence à grésiller .

-Ajoutez les pieds de porc, le bouquet garni et les aromates rassemblés dans une gaze, couvrez avec le vin blanc et remettez à chauffer jusqu’à obtenir un petit bouillon.

ATTENTION : j’ai bien dit « petit bouillon »c-à-d frémissement , pas les vagues du Mont Saint-Michel au cours des grandes tempêtes, le lit de légumes doit rester bien au fond.

-Pendant ce temps, faites chauffer votre four à 100-120° C.

- Quand le four a atteint la bonne température et que le petit bouillon est obtenu, placez la cocotte dans le four, sur la lèchefrite et ajoutez un peu d’eau dans la lèchefrite.

-Le plat va cuire très très longtemps à bouillon frémissant . A l’origine, il était mis 24 h dans un four de boulangerie.

Surveillez bien que la température reste constante et que votre four ne s’éteint pas (la plupart des fours modernes ont une fonction d’interruption de marche si la cuisson dure longtemps) . Relancez immédiatement le four si nécessaire . Il doit toujours y avoir un peu d’eau au fond de la lèchefrite.

-Comme il est difficile d’obtenir 24 h de cuisson en continu (il m’arrive d’aller dormir , si , si) , je table sur une cuisson en deux temps : 12 h la première journée (de 8 h à 20 h par ex. ) puis je laisse confire dans son jus toute la nuit, au frais. Je reprend la cuisson au four le lendemain pendant au moins 8 h pour des pieds frais

- Arrêtez le four et laissez à nouveau la gelée se figer au frais (3 à 4 h )

-Démaillotez très délicatement les pieds de porc pour les conserver entiers et posez- les sur un plat de service

- On peut servir froids avec une vinaigrette bien relevée et une salade de pommes de terre ou de lentilles, ou chauds , gratinée à la chapelure .

-Gratinage des pieds de porc : déposez les pieds de porc sur un plat à four, arrosez les de beurre fondu puis déposez une bonne couche de chapelure et enfournez les sous le gril jusqu’à ce que la chapelure soit bien dorée.

-WARNING : on peut utiliser aussi des pieds de porc demi-sel, la cuisson en sera plus rapide (une douzaine d’heure suffit), mais le dessalage des pieds de porc est très délicat et demande beaucoup de temps avec changements de bain fréquents.

P.S : en guise de vin blanc, j’ai utilisé une vieille bouteille de Vivancy sablant brut

cette marque commerciale a bien été commercialisée, il y a un bien longtemps, puisque plus utilisée de nos jours, par la S.V.M. (Société des Vins Mousseux) à St Loubes (33) … Ce mousseux, pourtant inscrit « SABLANT BRUT » était élaboré et mis en bouteille en Val de Loire par une entreprise située à Thouarcé (49) …

Je ne connaissais ni l’origine , ni l’histoire de ce vin, mais j’avoue que cette vieille bouteille oubliée au fond d’une cave dont nous ne savions que faire a été un excellent auxiliaire de cuisson et a donné à la gelée un petit goût bien satisfaisant